Les panneaux photovoltaïques permettent de produire une partie de l’électricité consommée par une habitation directement à partir du soleil. Avec l’électrification croissante des usages, tel que la pompe à chaleur, le chauffe-eau électrique et surtout voiture électrique, leur intérêt ne se limite plus simplement à réduire la facture d’électricité.

Une installation photovoltaïque peut aujourd’hui faire partie d’un véritable écosystème énergétique comprenant un compteur communicant, une batterie domestique, une borne de recharge intelligente et éventuellement un système de gestion de l’énergie.

Mais comment fonctionne réellement une installation photovoltaïque ? Quelle puissance installer ? Combien produit-elle en Belgique ? Et quelles sont les règles applicables en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre en 2026 ?

1. Comment fonctionne un panneau photovoltaïque ?

Un panneau photovoltaïque transforme directement le rayonnement solaire en électricité grâce à des cellules photovoltaïques, généralement fabriquées à partir de silicium.

Les panneaux produisent du courant continu (DC).

Or, l’installation électrique d’une habitation et le réseau utilisent principalement du courant alternatif (AC).

L’électricité produite passe donc généralement par un onduleur, qui transforme le courant continu provenant des panneaux en courant alternatif utilisable par les appareils de la maison.

Le fonctionnement peut être résumé ainsi :

Soleil → panneaux photovoltaïques → onduleur → habitation

Lorsque les panneaux produisent plus que ce que la maison consomme, le surplus peut :

  • être injecté sur le réseau ;
  • charger une batterie domestique ;
  • alimenter une voiture électrique ;
  • être utilisé par un autre consommateur flexible, comme un boiler ou une pompe à chaleur.

Lorsque la production photovoltaïque est insuffisante, l’habitation prélève de nouveau de l’électricité sur le réseau.

2. kWc, kW, kVA et kWh : quelles différences ?

Ces unités sont souvent confondues.

Le kWc : puissance des panneaux

La puissance d’une installation photovoltaïque est généralement exprimée en kilowatts-crête (kWc).

Il s’agit de la puissance maximale théorique des panneaux dans des conditions de test standard.

Par exemple, dix panneaux de 450 Wc représentent :

10 × 450 Wc = 4 500 Wc = 4,5 kWc.

Le kWc décrit donc la puissance du générateur photovoltaïque, pas son énergie produite durant une année.

Le kWh : quantité d’énergie

Le kilowattheure (kWh) mesure une quantité d’énergie.

Une installation qui produit 4 500 kWh durant une année a donc généré 4 500 unités d’énergie de 1 kWh.

C’est également cette unité que l’on retrouve sur les factures d’électricité et pour la capacité énergétique des batteries.

Le kW : puissance instantanée

Le kilowatt (kW) décrit une puissance à un instant donné.

Une maison consommant simultanément 2 kW et une voiture chargeant à 7,4 kW peuvent donc nécessiter approximativement 9,4 kW à cet instant si aucune production locale ne compense cette consommation.

Le kVA : puissance apparente

Le kVA intervient notamment pour les raccordements et les onduleurs.

Dans une installation résidentielle, sa valeur est souvent proche de la puissance active exprimée en kW, mais les deux notions ne sont pas strictement identiques.

Cette distinction devient importante dans certaines règles de raccordement au réseau.

3. Combien produit un panneau solaire en Belgique ?

La production dépend notamment :

  • de la localisation ;
  • de l’orientation ;
  • de l’inclinaison ;
  • des ombrages ;
  • de la température ;
  • du type de panneaux ;
  • des pertes dans l’onduleur et les câbles.

Le Service public de Wallonie retient comme ordre de grandeur environ 850 kWh produits par an pour 1 kWc installé [1]. Il ne s’agit toutefois que d’une approximation : une installation bien orientée peut produire davantage.

Ainsi, une installation de 5 kWc pourrait produire approximativement :

5 × 850 = 4 250 kWh/an

dans l’hypothèse wallonne de référence.

Pour obtenir une estimation plus précise, l’outil européen PVGIS permet de simuler la production selon la localisation, l’orientation, l’inclinaison et différentes caractéristiques de l’installation [2].

4. Orientation et inclinaison : faut-il absolument être plein sud ?

Non.

Une toiture orientée au sud permet généralement de maximiser la production annuelle, mais une orientation sud-est, sud-ouest ou même est-ouest peut rester très intéressante.

Une configuration est-ouest possède même un avantage dans certains cas : la production est répartie davantage entre le matin et la fin d’après-midi.

Or, ce qui compte désormais n’est plus uniquement de produire le maximum d’électricité sur l’année.

Il peut être plus intéressant de produire davantage au moment où l’électricité peut être consommée directement.

C’est particulièrement vrai lorsque l’habitation possède une voiture électrique, une batterie ou une pompe à chaleur.

5. Onduleur central, micro-onduleurs ou onduleur hybride ?

L’onduleur constitue l’un des éléments principaux d’une installation photovoltaïque.

Onduleur string

Plusieurs panneaux sont reliés en série afin de former une chaîne, ou string.

L’onduleur centralise la conversion de l’électricité produite.

Cette architecture est très répandue, relativement simple et économique.

Micro-onduleurs

Chaque panneau ou petit groupe de panneaux dispose de son propre micro-onduleur.

Cela permet notamment de gérer plus indépendamment les panneaux lorsqu’ils possèdent des orientations différentes ou subissent des ombrages différents.

Onduleur hybride

Un onduleur hybride est conçu pour gérer à la fois :

  • les panneaux photovoltaïques ;
  • la batterie ;
  • le réseau électrique ;
  • parfois certains circuits de secours.

Il peut donc simplifier l’intégration future d’une batterie domestique.

Attention toutefois : la présence d’un onduleur hybride ne signifie pas automatiquement que l’habitation continuera à être alimentée lors d’une panne du réseau. Une fonction spécifique de secours ou de backup doit être prévue.

6. MPPT : comment l’onduleur optimise les panneaux

Les onduleurs photovoltaïques disposent généralement d’un ou plusieurs MPPT (Maximum Power Point Trackers).

Leur rôle consiste à rechercher en permanence le point de fonctionnement permettant d’obtenir la meilleure puissance disponible des panneaux.

Disposer de plusieurs MPPT peut notamment être intéressant lorsque différents groupes de panneaux possèdent des orientations différentes.

Une toiture comprenant une partie orientée est et une partie orientée ouest pourra ainsi être gérée plus efficacement.

7. Faut-il dimensionner ses panneaux selon sa consommation ?

La consommation annuelle reste un point de départ utile, mais elle ne suffit plus.

Deux habitations consommant chacune 5 000 kWh/an peuvent présenter des profils totalement différents.

La première peut consommer surtout le soir.

La seconde peut consommer beaucoup durant la journée grâce à une voiture électrique, une pompe à chaleur ou du télétravail.

La deuxième pourra généralement autoconsommer une part plus importante de sa production photovoltaïque.

Il faut donc analyser à la fois :

la consommation annuelle + le profil horaire + les futurs usages électriques.

8. Combien de panneaux prévoir pour une voiture électrique ?

Une voiture électrique consommant environ 15 à 20 kWh/100 km au niveau du véhicule demandera un peu plus d’énergie au compteur en raison des pertes de recharge.

Prenons approximativement 18 kWh/100 km prélevés au réseau.

Pour 15 000 km/an :

15 000 ÷ 100 × 18 = 2 700 kWh/an.

Sur la seule base énergétique annuelle, environ 3 kWc supplémentaires pourraient donc produire une quantité d’électricité comparable.

Mais cela ne signifie pas que la voiture roulera réellement à 100 % à l’énergie solaire.

Le problème principal est la simultanéité.

Une installation peut produire énormément entre 11 h et 15 h alors que le véhicule se trouve au travail.

À l’inverse, une voiture présente à domicile durant la journée peut constituer un excellent consommateur flexible.

Une borne intelligente capable de suivre le surplus photovoltaïque devient alors particulièrement intéressante.

9. Qu’est-ce que l’autoconsommation ?

L’autoconsommation correspond à la part de l’électricité photovoltaïque consommée directement sur place.

Exemple :

  • les panneaux produisent 4 kW ;
  • la maison consomme 1 kW ;
  • la voiture charge à 2 kW.

La consommation locale atteint 3 kW.

Il ne reste donc que 1 kW injecté sur le réseau.

Plus le prix d’achat de l’électricité est supérieur au prix obtenu pour l’injection, plus l’autoconsommation prend de l’importance.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les batteries, les bornes intelligentes et les systèmes de gestion énergétique deviennent de plus en plus présents.

10. Qu’est-ce qu’un EMS ?

Un Energy Management System, ou système de gestion de l’énergie, coordonne les différents équipements de l’habitation.

Il peut par exemple mesurer :

  • la production photovoltaïque ;
  • la consommation de la maison ;
  • l’état de charge d’une batterie ;
  • les besoins d’une voiture électrique ;
  • le prix de l’électricité.

Il peut ensuite décider de charger la voiture, la batterie ou un autre appareil au moment le plus intéressant.

L’installation énergétique moderne évolue donc progressivement vers :

PV + compteur communicant + EMS + batterie + borne VE + réseau.

11. Photovoltaïque en Wallonie en 2026

Le régime dépend fortement de la date de mise en service.

Installation antérieure au 1er janvier 2024

Les installations remplissant les conditions réglementaires peuvent continuer à bénéficier du mécanisme de compensation jusqu’au 31 décembre 2030 [3].

La compensation permet de soustraire l’électricité injectée de l’électricité prélevée sur la période de facturation.

Avec un tarif bihoraire, la compensation est effectuée séparément selon les périodes tarifaires.

Nouvelle installation depuis 2024

Les nouvelles installations ne bénéficient plus de cette compensation.

Leur logique économique repose donc davantage sur :

  • l’autoconsommation ;
  • l’électricité évitée au réseau ;
  • la valorisation du surplus injecté.

Pour une nouvelle installation photovoltaïque wallonne, un compteur communicant est nécessaire avant la mise en service [4].

Nouveaux horaires depuis 2026

Depuis le 1er janvier 2026, les heures creuses du tarif bihoraire sont :

  • 22 h à 7 h ;
  • 11 h à 17 h. [5]

Les heures pleines sont :

  • 7 h à 11 h ;
  • 17 h à 22 h.

Cette nouvelle tranche de 11 h à 17 h correspond précisément à une période où la production photovoltaïque peut être importante.

Le tarif optionnel Impact va encore plus loin en encourageant le déplacement de certaines consommations, notamment la recharge des voitures électriques [6].

12. Photovoltaïque à Bruxelles

À Bruxelles, prélèvement et injection sont comptabilisés séparément.

La Région conserve néanmoins un mécanisme important de soutien au photovoltaïque : les certificats verts.

BRUGEL recalcule régulièrement les coefficients afin de maintenir le soutien en fonction de différents paramètres économiques.

De nouveaux coefficients sont notamment applicables aux installations mises en service depuis le 1er avril 2026 [7].

L’autoconsommation reste parallèlement intéressante puisque chaque kWh consommé directement réduit le prélèvement d’électricité sur le réseau.

13. Photovoltaïque en Flandre

Avec un compteur numérique, production, injection et prélèvement sont mesurés séparément.

La Flandre possède également une particularité importante : le tarif capacitaire.

Une partie du coût du réseau dépend de la plus haute puissance moyenne prélevée durant un quart d’heure au cours du mois, tandis que les pointes d’injection photovoltaïque ne sont pas prises en compte dans ce tarif [8].

La combinaison d’une batterie, d’une borne intelligente et d’une gestion dynamique peut donc également servir à limiter les pointes de prélèvement.

14. Pourquoi les onduleurs peuvent-ils décrocher ?

Lorsque de nombreuses installations photovoltaïques injectent simultanément dans un même quartier, la tension locale du réseau peut augmenter.

Pour protéger l’installation et le réseau, l’onduleur peut alors réduire sa production ou se déconnecter temporairement.

Ce phénomène explique notamment pourquoi les gestionnaires de réseau encouragent davantage la consommation pendant les périodes où l’électricité photovoltaïque est abondante.

En Wallonie, un projet de mécanisme d’indemnisation lié aux décrochages était encore en cours d’élaboration en 2026 : il ne faut donc pas présenter cette indemnisation comme un dispositif définitivement acquis tant que le cadre final n’est pas entré en vigueur [9].

15. Les panneaux photovoltaïques Plug & Play

Une évolution récente concerne les petits systèmes photovoltaïques pouvant être raccordés via une prise.

Depuis le 17 avril 2025, certains appareils Plug & Play peuvent être connectés en Belgique à condition notamment de disposer de l’homologation Synergrid C10/26 requise [10].

Il ne faut donc pas considérer n’importe quel kit photovoltaïque à brancher comme automatiquement autorisé.

16. Quelle place pour les panneaux photovoltaïques avec une voiture électrique ?

Le photovoltaïque et la voiture électrique sont particulièrement complémentaires lorsque la recharge peut être déplacée durant les périodes de production.

Une borne solaire intelligente peut mesurer le surplus disponible et adapter automatiquement la puissance de recharge.

L’utilisateur peut ainsi transformer sa voiture en consommation flexible plutôt que d’injecter systématiquement toute sa production excédentaire sur le réseau.

Avec l’arrivée des batteries, des compteurs communicants, des tarifs variables et à terme de la recharge bidirectionnelle, le photovoltaïque devient donc de plus en plus un élément d’un système énergétique complet plutôt qu’une installation indépendante.

En résumé

Une installation photovoltaïque moderne ne se résume plus à installer le plus grand nombre possible de panneaux.

Il faut désormais considérer :

  • la production annuelle ;
  • le profil de consommation ;
  • l’autoconsommation ;
  • la puissance de l’onduleur ;
  • le réseau électrique ;
  • les futurs usages comme la voiture électrique ;
  • une éventuelle batterie ;
  • le pilotage intelligent de l’énergie.

Pour un propriétaire de véhicule électrique, le photovoltaïque peut réduire fortement la quantité d’électricité achetée au réseau, à condition de réussir à faire coïncider la recharge avec la production solaire.

Sources

[1] SERVICE PUBLIC DE WALLONIE. Technologie – solaire photovoltaïque. Énergie Wallonie.

[2] COMMISSION EUROPÉENNE – JOINT RESEARCH CENTRE. Photovoltaic Geographical Information System (PVGIS). Commission européenne.

[3] SERVICE PUBLIC DE WALLONIE. Comprendre le mécanisme de compensation entre les prélèvements et les injections sur le réseau électrique. Énergie Wallonie.

[4] SERVICE PUBLIC DE WALLONIE. Installer un système photovoltaïque fixe : les étapes à suivre. Énergie Wallonie. Consulté le 18 septembre 2026.

[5] CWaPE. Changements en 2026 au niveau des tarifs de distribution pour l’ensemble des utilisateurs du réseau électrique basse tension wallon. Commission wallonne pour l’Énergie, 2026.

[6] CWaPE. Tarif Impact. Commission wallonne pour l’Énergie, 2026.

[7] BRUGEL. Mécanisme des certificats verts. Régulateur bruxellois pour l’énergie.

[8] VLAAMSE NUTSREGULATOR. Capaciteitstarief. Vlaamse Nutsregulator.

[9] SERVICE PUBLIC DE WALLONIE. Décrochage des panneaux solaires : un système d’indemnisation sur la table. Énergie Wallonie.

[10] SYNERGRID. Appareils Plug & Play – informations pour l’utilisateur. Synergrid.